Michel Colucci feat. Keny Arkana

Les lyrics de Keny : 

Des étrangers ont brûlé notre maison pour nous voler notre terre,
Papa s'énerve, moi je comprends pas, il parle d'agro-alimentaire. 
Il dit que, les politiques sont des predateurs
Qui sèment la peur, et qui ont un estomac à la place du coeur
Ici, pas de travail, aucune prière ne s'exauce
Après les cours avec ma soeur, on vend des bracelets deux pesos

Les lyrics de Coluche : 

"La moitié des hommes politiques sont des bons à rien. Les autres sont prêts à tout." 

Dommage, l’analyse : 

Aujourd’hui, DM innove : notre rappeur du jour se trouve être une rappeuse, et plutôt bien accompagnée. Même si à première vue, nos deux MCs du jour paraissent bien différents, on leur trouve beaucoup de points d’achoppement. C’est ce qui les a motivé à pousser le vice jusqu’à un petit featuring. 

D’abord, l’un et l’autre nous font beaucoup rire, que ce soit grâce, pour l’un, à ses punchlines, pour l’autre, à ses tentatives vestimentaires entre M Pokora et Billy Crawford (on vous laisse relier les points). 

Plus sérieusement, les deux sont très engagés politiquement. Michel Colucci (aka Coluche dès qu’il fait le MC) reste le seul humoriste français à avoir pesé à la fois dans le game de la punchline et dans le game du politique. On se souvient tous de sa candidature avortée à l’élection du Morray Présidentiel en 1981, qu’il avait retirée après avoir reçu des menaces de mort. Au début de sa campagne, il faut tout de même rappeler qu’il est annoncé 4ème des meilleures ventes d’album : derrière VGA et Mitterrand, mais devant un certain Jacques Chirac (futur disque d’or) ou autre Michel Debré. On comprend mieux pourquoi il met tant de hargne à nous expliquer qu’une partie du corps politique soit « prêts à tous ». 

Pour Keny Arkana, même combat : elle ne s’est jamais définie comme rappeuse, mais comme une « contestataire qui fait du rap ». Effectivement, la fille du Vieux Port, fait dans l’alter-mondialisme à échelle internationale. Elle en a même tiré un film « Un autre monde est possible » que vous pouvez regarder ici si le coeur vous en dit. C’est d’ailleurs l’absence de coeur des politiques menées en Argentine, qu’elle critique dans la chanson Victoria : multinationales contre petits exploitants de la Pampa, « pour quelques billets de cent, ça part en giclées de sang » comme dirait l’autre. 

 

C’est plus claire cette collaboration là tout d’un coup non ? 

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